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Apprendre le français en cuisinant

Ce n’est un secret pour personne : le français passe par l’estomac. Et en tant qu’enseignante, j’ai constaté que la cuisine est l’un des outils les plus puissants pour apprendre la langue — surtout quand on veut sortir des manuels.

Depuis trois ans, j’anime à l’EILF un atelier “français & cuisine” une fois par mois. Ce que j’y vois, ce n’est pas seulement des progrès linguistiques, c’est de la joie, de l’entraide, de la spontanéité. Car cuisiner en groupe, en français, c’est vivre la langue.

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La recette comme support d’apprentissage

Avant même de sortir les casseroles, on travaille le texte. Une recette de cuisine, c’est un document riche : des verbes à l’impératif, du vocabulaire concret, des unités de mesure, des structures logiques (“d’abord”, “ensuite”, “pendant ce temps”…).
Je commence souvent par une compréhension écrite : on lit une recette traditionnelle, on identifie les ingrédients, les actions, les étapes. Puis on reformule. “Qu’est-ce qu’on fait après ? Pourquoi faut-il laisser reposer ?”

C’est simple, mais très formateur. Et surtout, c’est motivant : on sait qu’à la fin, on va goûter ce qu’on a compris.

La cuisine, un terrain d’expression orale

Une fois dans la cuisine partagée du campus, les rôles se distribuent naturellement. Il faut s’organiser, coopérer, se corriger. On donne des consignes, on pose des questions, on répète des gestes.
Et là, la langue devient vivante. Plus personne ne pense à la grammaire : on parle parce qu’on en a besoin. Et je remarque toujours que ceux qui hésitaient à prendre la parole en classe se mettent à parler plus spontanément autour d’un gâteau ou d’un plat de lasagnes.

Une culture dans chaque bouchée

La cuisine, c’est aussi une manière de transmettre la culture française autrement. On ne fait pas que dire “baguette” et “camembert”. On découvre des expressions idiomatiques (“mettre la main à la pâte”), on échange sur les habitudes alimentaires, les repas de fête, les différences entre pays.

Et souvent, ce sont les étudiants eux-mêmes qui enrichissent la séance. Un jour, Mariana, venue du Brésil, a voulu nous montrer une version franco-brésilienne de la tarte aux pommes. On a fini en musique, en partageant des souvenirs d’enfance, en plusieurs langues — mais toujours avec le français au centre.

Un atelier, une expérience

Cuisiner en français, c’est apprendre sans y penser. C’est sortir du cadre, se connecter aux autres, et progresser en se faisant plaisir. Ce type d’atelier est l’une des raisons pour lesquelles j’aime enseigner à l’EILF : ici, la langue s’apprend autant dans la salle de classe que dans les moments partagés.

Alors si vous hésitez encore à vous lancer : venez, on prépare une quiche ensemble. Et je vous promets que vous retiendrez le mot “lardons” pour de bon.

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